À propos de moi...

J’ai vu le jour en 1961 à Greenwood, en Nouvelle-Écosse, parce que mon père, navigateur, travaillait à la base des Forces canadiennes. J’y ai vécu huit ans avant d’habiter en Ontario et au Manitoba. Et puis, mes parents, fervents québécois, se sont aperçus qu’un accent anglophone s’immisçait dans le français de leurs enfants. Je suis donc arrivée chez moi, au Québec, à l’âge de 12 ans, avec mes deux sœurs et mon frère. Après mon DEC en psychologie au Cégep de l’Outaouais, je m’orientais vers des études en enseignement des mathématiques, avant de voyager un an en Asie.

En revenant, c’est plutôt en journalisme que je me suis inscrite, à l’UQAM, d’où j’ai obtenu mon baccalauréat, en 1985. Nous étions une douzaine de lauréats à être récompensés pour l’excellence de notre parcours universitaire. Le prix : un stage d’été à Radio-Canada. J’y suis restée 30 ans, d’abord en tant que contractuelle, puis en tant que pigiste. En 1990, l’emploi de mes rêves m’est offert : journaliste à l’émission Nord-Sud, à Télé-Québec. Première mission : l’Afrique du Sud, car Nelson Mandela venait d’être libéré.

 

Quelques chapitres de ma vie...

Mon futur mari

Dans la dizaine de documentaires que nous avons faits, j’ai dû interviewer Jay Naidoo, secrétaire général fondateur du Congrès des syndicats sud-africains, COSATU, pour comprendre le rôle des syndicats dans la libération du pays. Et c’est ainsi que j’ai trouvé, sous un même toit, mon rêve — la correspondance à l’étranger et l’amour de ma vie, Jay Naidoo. Huit mois plus tard, je vivais à Johannesburg avec Jay, et mon fils de 4 ans en garde partagée entre les deux continents…

Mes premières années en Afrique...

La conciliation travail-famille avait une différente connotation dans ce contexte. Par exemple, une fois où Radio-Canada m’a appelée pour faire un reportage, j’ai répondu. « Va falloir que ça attende. On annonce tout juste qu’une bombe vient de sauter à côté de l’école française, où sont mes enfants. Je veux aller voir s’ils sont en vie. Je vous rappelle après. » (Mon Afrique, chapitre 17) Et comme je vivais avec un militant antiapartheid notoire qui était sur la liste des personnes à abattre, nous étions une cible. Un jour, alors que j’étendais le linge dehors, je me suis retrouvée face à face avec deux hommes armés, leurs AK-47 pointées sur moi, le doigt sur la gâchette. (Mon Afrique, ch. 33) 

En vie grâce au cannabis

Et puis, l’état de la planète est tellement triste que j’ai décidé d’en rire. J’ai donc écrit la satire Sexe, pot et politique (Libre-Expression, 2016). Le cannabis, ayant littéralement sauvé ma vie (postface du livre), ce livre est le résultat, quand même, de deux ans de recherche.

Mon prochain roman

Un nouveau livre sera bientôt publié. Dans Marie-Lumière, un roman, nous suivons la docteure Marie-Jeanne Richard dans sa quête d’une vie saine sans médicaments. Elle vient d’avoir 50 ans et le ras-le-bol de ses 30 ans de thérapie la mène sur une autre voie de guérison. Elle fera la lumière sur le pont qu’il faut construire entre la médecine occidentale et celle des Premières Nations du monde. La sortie est prévue tôt en 2021.

Je déménage en Afrique du Sud...

Le poste de correspondante de Radio-Canada en Afrique du Sud s’est libéré en janvier 1992, quelques mois après mon arrivée. Nous étions en pleine « guerre » en Afrique du Sud, la période de négociations entre la libération de Nelson Mandela en 1990 et les premières élections multiraciales du pays en 1994 étant particulièrement violentes. J’ai donc plongé dans le monde de la correspondance en même temps que celui de la violence, de la pauvreté aussi, de l’injustice, de la souffrance, du viol. J’ai fait deux documentaires télé sur le viol (Every 83 Seconds) et la violence domestique (When Love Hurts). J’enseignais le journalisme à des gens qui faisaient de la propagande sous le gouvernement de l’apartheid. Je faisais des documentaires sur les enfants des townships, victimes des folies du régime de l’apartheid. C’était déchirant et palpitant tout à la fois. Plus je voyais d’injustices, plus je faisais des reportages, des documentaires et des articles. Il y avait tant à faire !

La vie de journaliste

J’ai vécu de grandes peurs certes, mais aussi, de grands moments historiques : l’investiture présidentielle de Nelson Mandela est probablement le plus beau moment de ma carrière (Mon Afrique, ch. 42). De vivre si près de ce grand homme — il était notre voisin au Cap — et d’avoir été proche témoin de ses cinq ans à la présidence m’ont redonné foi en l’humanité. Quand Nelson Mandela a quitté la vie politique, en 1999, c’était le moment pour moi de répondre aux demandes répétées d’André Bastien (Libre Expression) d’écrire un livre sur cette période historique. J’ai donc écrit mon premier livre, Mon Afrique. Puis, j’ai commencé à parcourir le Québec pour parler de ce magnifique pays et des répercussions de ce « miracle politique » en Afrique et dans le monde. Les gens sont intéressés par ce coin de la planète et j’ai donc continué à nourrir leurs intérêts et à répondre à leurs questions, de moins en moins par des articles et reportages et de plus en plus par le biais de livres : des romans, des essais sur l’Afrique du Sud, le continent africain, la justice sociale, la révolution, le racisme, le sexisme, l’homophobie, l’injustice…

Demain, il sera trop tard, mon fils...

Après avoir voyagé dans 56 pays, souvent accompagnant mon mari dans des réunions avec les grands dirigeants de la planète, des militants, des scientifiques, des Nobels, des leaders de la société civile, des présidents, des gens qui discutent de l’état de la planète qu’on laisse à nos enfants et des montagnes qu’il faut déplacer, ensemble, pour stopper sa destruction au nom du profit, le livre Demain, il sera trop tard, mon fils (Stanké, 2014) est né. C’est une conversation avec mon fils Kami qui, à 21 ans déjà, posait des questions et des regards terriblement lucides sur l’état de la planète, qui nous force à réfléchir.

Et voilà...

Je continue ma vie sur deux continents. Nos trois enfants sont grands maintenant ; deux vivent au Québec, et un autre en Afrique du Sud. Et j’ai un petit-fils sur chaque continent. Mon mari, Jay Naidoo, mentor et guide pour la nouvelle génération qui cherche à naviguer à travers l’héritage qu’on leur laisse, a aussi écrit des livres  : Fighting for Justice (Picador Africa, 2010) et Organising Change: Building a Brave new World in the 21st Century (Penguin 2017).

Pour la liste complète de mes œuvres et d’autres informations, visiter ma page dans l’Infocentre littéraire des écrivains québécois.

http://www.litterature.org/recherche/ecrivains/page-lucie-1122/